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Europe de la santé : « des politiques coordonnées de prévention devraient permettre d’éviter 40% des cancers »

Un an après avoir lancé une vaste consultation publique, la Commission européenne a dévoilé, le 3 février dernier, son plan européen de lutte contre le cancer. Le lendemain, Emmanuel Macron présentait la stratégie décennale française, en lien avec les ambitions européennes : « malgré la pandémie, la France, main dans la main avec l’Europe, ne cède rien de son ambition pour faire reculer le cancer », tournant ainsi le dos, une nouvelle fois, à une conception purement nationale des politiques de santé.

Forte de trois plans cancers successifs, la France peut être source d’inspiration pour des politiques de lutte contre le cancer à l’échelle de l’Union. Certaines initiatives françaises se retrouvent d’ailleurs dans le plan européen contre le cancer, et notamment celle visant à instaurer un « droit à l’oubli », permettant aux survivants de cancer de ne pas subir de discrimination financière pour le reste de leur vie après la rémission.

Si la proposition de la Commission européenne est, à ce stade, relativement timide pour lutter contre cette double peine, le Parlement européen saura, sans nul doute, renforcer les ambitions dans le rapport qu’il doit adopter d’ici la fin de l’année.

Près de 40% des cancers évitables

Des politiques coordonnées de prévention devraient permettre d’éviter 40% des cancers. Dans ce domaine, notre pays aurait sûrement à gagner des échanges de pratiques avec ses voisins. De la même manière, le plan européen permettra de renforcer considérablement l’efficacité des politiques mises en place en France.

Les ambitions à l’échelle de l’Union pour lutter contre le tabac et la consommation excessive d’alcool seront des relais utiles aux politiques françaises compte tenu de la libre circulation des biens. L’Union européenne soutiendra également les États membres pour la vaccination contre les papillomavirus, à l’origine de cancers.

L’Union européenne a par ailleurs déjà lancé un vaste plan de santé publique avec le Green Deal. En améliorant la qualité de l’air, de l’eau, de l’alimentation, l’action européenne permet de s’attaquer aux facteurs environnementaux.

Élargissement des recommandations européennes sur le dépistage

La France pourra bénéficier financièrement du nouveau programme européen visant à proposer le dépistage du cancer du sein, du col de l’utérus et du cancer colorectal à 90 % du public cible d’ici 2025. L’élargissement des recommandations européennes sur le dépistage du cancer, ainsi que des programmes d’accréditation et de certification pour les centres de cancérologie pourraient également réduire les inégalités importantes qui subsistent, y compris au sein des États membres, dans l’accès à un diagnostic de qualité.

La recherche et l’innovation sont également des domaines où l’échelle transnationale est plus pertinente. Grâce au soutien de la Mission Cancer d’Horizon Europe, l’UE pourra renforcer la qualité de la recherche et de l’innovation dans tous les États membres. La recherche biomédicale d’avenir reposant sur l’utilisation de l’intelligence artificielle et des Big Data, les propositions d’Initiative européenne d’imagerie du cancer, d’un espace européen de données de santé et le renforcement du Système européen d’information sur le cancer devraient nous permettre de maximiser les chances de progrès dans les années à venir. La recherche française devra prendre toute sa place dans ce dispositif.

Égalité d’accès aux meilleurs traitements

La coopération européenne peut, déjà, porter ses fruits par le partage des connaissances existantes à l’échelle du continent. Permettre l’égalité d’accès aux meilleurs traitements, c’est précisément l’ambition du centre de connaissance sur le cancer, c’est à dire d’un Institut européen du cancer, mais aussi de nouveaux réseaux européens de référence ou encore d’un programme de formation pluridisciplinaire.

Pluridisciplinaire, c’est aussi ce qui a caractérisé l’élaboration de ce plan européen. Pas moins de treize commissaires européens se sont mis autour de la table et les quatre milliards d’euros dont est doté le plan sont alimentés par divers programmes européens : programmes de santé (EU4Health), de recherche (Horizon Europe), mais aussi de développement du numérique (Digital Europe), de l’éducation (Erasmus +), ou encore des fonds structurels destinés aux politiques régionales. La Commission européenne témoigne ainsi d’une vision globale de la santé, prise en compte dans toutes les politiques et instruments financiers.

Dans son plan, la Commission ne s’attaque pas seulement aux inégalités en matière de prévention, de dépistage, de diagnostic, de traitements et de retour à une vie sociale et affective harmonieuse, elle consacre également un volet spécifique à la plus intolérable des injustices : les cancers pédiatriques. Une initiative visant à garantir aux enfants un accès rapide et optimal à la détection, au diagnostic, au traitement et aux soins sera lancée.

Une étape vers une Europe de la santé

Cette priorité est également partagée par les ambitions de la stratégie décennale française, exprimées par le Président de la République : « nous devons mieux accompagner les patients pour leur permettre de suivre leurs études, de pratiquer des activités, de garder cette part aussi d’insouciance qui appartient à leur âge et qui doit être préservée même lorsque la fatalité frappe. »

Le plan européen de lutte contre le cancer est donc une étape importante vers la construction d’une vraie Europe de la santé, fondée sur une vision solidaire et globale, illustrant par l’exemple une Union qui fait notre force et qui répond à la première préoccupation de ses citoyens : leur santé.


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